Création, reprise, transmission ou développement d’une entreprise, l’École des managers (EDM) de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) accompagne les entrepreneurs vendéens de demain.
Aujourd’hui, un peu plus de 6 000 chefs d’entreprise ont plus de 50 ans. Ce sont bon nombre d’emplois qui vont se libérer d’ici quelques années.
« Mais le métier de chef d’entreprise ne s’improvise pas, assure Séverine Charlon, responsable de l’EDM. L’objectif de cette école est d’aider et de soutenir personnellement le futur chef d’entreprise. »
Depuis la création de cette école en 2004, le taux de survie des entreprises qui ont fait appel à elle est tout simplement de 100 %, alors qu’une entreprise sur cinq disparaît en Pays de la Loire lorsqu’elle n’a pas d’accompagnement.
En ce moment, sept professionnels suivent actuellement la formation. Deux sont créateurs, trois sont repreneurs et les trois derniers héritent de l’entreprise familiale. Leur diplôme varie du CAP à bac +5 :
« Il n’y a aucun diplôme d’exigé, ajoute Séverine Charlon. Il faut surtout avoir un projet qui tient debout. »
Une formation basée sur l’expérience des élèves
Deux jours par semaine pendant onze mois, les futurs entrepreneurs apprennent à connaître le fonctionnement d’une entreprise.
Les formateurs se servent de l’expérience des élèves : « Nos cours sont basés sur de la matière première, explique Jean-Yves Laucoin, expert comptable aux Sables-d’Olonne et formateur en gestion finance à l’école des managers.
"Il ne s’agit pas de faire de ces élèves des spécialistes d’une matière qu’on enseigne. L’approche n’est pas scolaire, mais professionnelle. Moi, je leur enseigne la gestion financière d’une entreprise. Mon objectif est de leur donner les notions de base pour qu’ils puissent prendre les bonnes décisions et bien déléguer. En un an, ils finissent par avoir de la hauteur et sont décomplexés sur une matière qui auparavant leur paraissait inaccessible. »
« Les formateurs nous considèrent déjà comme des chefs d’entreprise, témoigne Magalie Jost, actuellement en formation et repreneuse de l’entreprise Nature et aliments. Le rythme de la formation est génial, car ce qu’on a appris pendant deux jours, on le met en pratique directement dans l’entreprise, le reste de la semaine. »
Pendant toute la durée de la formation, les futurs chefs d’entreprise sont accompagnés personnellement : « Je déjeune souvent avec eux pour faire le point, assure Séverine Charlon. Du premier entretien à l’obtention du diplôme, nous les suivons dans leur projet. »
David Arnaud va bientôt reprendre l’entreprise de son père, la SNEA Arnaud, spécialisée dans la vente de motocultures de plaisance à La Roche-sur-Yon. Il vient de finir sa formation à l’École des managers.
« Ça m’a permis d’avoir un œil plus averti sur le fonctionnement de l’entreprise. L’avantage, aussi, c’est que nous échangeons en permanence avec d’autres futurs chefs d’entreprise. Ces derniers n’ont peut-être pas le même projet que moi, mais ils témoignent chacun de difficultés que tous nous rencontrerons un jour. Et puis ça m’a permis d’avoir une relation moins familiale et plus professionnelle avec mon père. »
Des centres de décision qui restent en Vendée
Cette école offre aux futurs chefs d’entreprise un réseau de qualité qui leur sont très utiles pour l’avenir. Dès l’obtention du diplôme, ils sont inscrits gratuitement à un club de chefs d’entreprise présidé par Laurent Texier, entrepreneur aux Herbiers.
«L’école des managers permet surtout aux Vendéens de reprendre la tête de nos entreprises et d’éviter que les centres de décisions quittent le territoire », conclut Joseph Moreau, président de la CCI.