"Ce jour-là, tout le monde peut gagner, c'est le charme de cette course": à 36 ans, Sébastien Hinault dispute dimanche à Chantonnay sa 14e course en ligne des Championnats de France, qu'il n'a jamais gagnée mais dont il apprécie l'ambiance de réunion de famille du cyclisme français.
"C'est une course qui n'a pas vraiment changé. Ca reste toujours particulier, dans l'ambiance et dans la course", explique Hinault à l'AFP.
Tous les ans, à une semaine du départ du Tour de France, le cyclisme français se retrouve pour désigner ses champions professionnels, amateurs, messieurs, dames, espoirs...
"C'est une fête. Les supporters qui font peu de déplacements viennent là. C'est le cas de mes amis et ma famille, ils viennent un jour avant, ils font la fête et ils viennent voir la course du fils, du petit-neveu", sourit le Breton.
Comme une répétition au Tour de France, le bord du circuit est envahi plusieurs jours à l'avance par les camping-cars décorés aux couleurs des coureurs, les fan-clubs repeignent le bitume des noms de leurs idoles, qui se marient avec le double cœur de la Vendée que l’on retrouve un peu partout le long du parcours, les coureurs du dimanche viennent se mesurer sur le parcours les jours précédents, observer l'échauffement et le matériel des "pros" le jour de la course...
"Ce jour-là, tout le monde peut rêver être champion de France, même un +sans grade+. Ca n'arrive pas souvent mais tout le monde peut y rêver. Regardez Dimitri (Champion) l'an dernier", rappelle-t-il quelques heures après le sacre de Nicolas Vogony (photo), champion de France du contre-la-montre.
En 2009 à Saint-Brieuc, le coureur de la modeste équipe Bretagne-Schuller qui évoluait en Continental (3e division mondiale) s'était imposé devant les grandes formations hexagonales. En contre-la-montre, le VTTiste amateur Jean-Christophe Péraud avait devancé le triple champion de France de la spécialité Sylvain Chavanel.
Ces titres sont un tremplin: Champion a rejoint AG2R La Mondiale, l'équipe d'Hinault, et Péraud est passé professionnel cette saison, recruté par la formation belge Omega-Pharma.
"En 2000, j'ai failli être champion de France. Ca aurait peut-être changé un peu ma carrière, estime-t-il. J'étais seul à deux kilomètres de l'arrivée puis je me fais rattraper à 250 mètres de la ligne. Tu te dis +Ce jour-là, j'aurais pu+. Les chances se présentent pas forcément souvent ensuite".
Les grosses écuries doivent également gérer les attentes de leurs supporters et l'appétit aiguisé des équipes décomplexées. A Chantonnay, l'équipe BBox Bouygues Telecom, qui a remporté quatre titres des neuf éditions qu'elle a disputées et court sur ses terres en Vendée, sera la formation à battre.
Face à cette pression, les coureurs français d'équipes étrangères, souvent seuls ou à deux sur cette course, tirent parfois leur épingle du jeu, à l'image de Florent Brard vainqueur en 2006 sur le même parcours de Chantonnay. Hinault avait terminé en 13e position, un de ses meilleurs classements dans la compétition.