« L’agriculture vendéenne a lancé un cri d’alarme. Nous voulons y répondre avec un grand plan départemental, offrant des solutions et des aides à un secteur en détresse ».
Accompagné de Christian Aimé, Président de la Chambre d’Agriculture, Philippe de Villiers a présenté lundi matin les grandes mesures qui seront votées dans quelques jours lors de la session de rentrée, et qui visent à soutenir, encourager et accompagner les agriculteurs du département dans la crise qu’ils traversent.
« Une crise est à la fois conjoncturelle et structurelle » relève le Président du Conseil Général, « Frappés par la tempête Xynthia qui a notamment dévasté 160 exploitations, les professionnels ont également subi de très fortes sècheresses depuis le printemps, comparable à l’été 1976.»
Survenant au même moment, la hausse du prix des céréales, dont l’augmentation du prix du blé de 60% en deux mois, ajoute à leurs difficultés.
« Cette hausse, spéculative, renchérit le coût de l’alimentation pour les animaux, alors même que le fourrage manque » explique Philippe de Villiers.
La crise est aussi structurelle avec la concurrence étrangère dont souffrent les produits et l’absence d’équilibre entre les agriculteurs- producteurs d’une part et les industries agroalimentaires d’autre part.
Face au cri de détresse d’un secteur qui représente 35% des emplois industriels en Vendée, un grand plan de secours a été décidé, qui vise à inciter les jeunes à s’installer, à les aider financièrement, à encourager la filière agro-alimentaires à recourir aux productions vendéennes, pour garder à notre terre sa vocation agricole.
Le Conseil Général va ainsi augmenter « l’aide au parcours à l’installation », afin d’aider les nouveaux exploitants à faire face à la hausse des coûts de toutes les procédures nécessaires à leur installation.
« Il faut agir maintenant ; lorsque dans dix ans nous réaliserons que les jeunes ne se sont pas établis, il sera trop tard » insiste Christian Aimé.
Le Département a aussi décidé de mettre en place un plan « paille et foin ». Il servira à financer 50% du coût du transport de ces denrées que les éleveurs, victimes de la sécheresse, sont obligés de faire venir d’autres régions céréalières. « Nous allons passer une convention avec la Chambre d’Agriculture pour mettre en œuvre ce plan pour tous les achats de paille et de foin sur la campagne 2010 » avance Philippe de Villiers.
Le Président de la Vendée sollicitera aussi dans les heures qui viennent Bruxelles, afin que l’Europe donne son accord pour que les agriculteurs soient indemnisés à hauteur de 60% des pertes de récoltes, non pas seulement à 45% comme c’est le cas à présent. « Le Département est évidemment prêt à prendre en charge ce surcoût » tient à préciser Philippe de Villiers.
Pour accompagner les mutations de l’agriculture vendéenne et la préparer aux défis de la décennie à venir, le Conseil Général souhaite également lancer le contrat « compétitivité » avec la Chambre d’Agriculture.
Enfin, le Département souhaite la création d’une conférence pour l’agriculture vendéenne. Elle réunira les agriculteurs, les services de l’Etat, les collectivités locales et les filières agroalimentaires « y compris la grande distribution ». « Nous voulons leur dire : faites travailler les paysans vendéens, prenez leur production, notre production ! » lance Philippe de Villiers.
«Il serait logique que l’agroalimentaire du département fasse une place aux producteurs vendéens » renchérit Christian Aimé. « Nous allons donc rappeler à tous ces acteurs nos savoir-faire, nos atouts. » poursuit-il soulignant que la Vendée est l’un des rares départements à posséder des abattoirs, des producteurs, et des entreprises agro-alimentaires.
Des discussions vont donc avoir lieu en accord avec le Préfet.
Pour inciter les entreprises à recourir à la « production locale », on pourrait imaginer parmi les mesures à prendre la création d’un étiquetage « Produits en Vendée » envisage ainsi le Président du Conseil Général de la Vendée, « A l’heure où les consommateurs recherchent la qualité et la proximité, cela leur permettraient de choisir en fonction de l’origine ; en outre cela favorisait les exploitants vendéens ».